Comportement du chien


Il y a environ 66 millions d'humains en France métropolitaine et 7,42 millions de chiens. *A peu près deux foyers sur trois cohabitent avec un animal domestique. Parmi eux, 21,3% possèdent au moins un chien.*

Ils sont donc très présents dans notre cohabitation. Il a sa place parmi nous mais est-ce la bonne ?

Il n'est pas toujours évident de correctement interagir ou communiquer avec son animal. Il est difficile d'interpréter avec justesse le comportement et les signaux de celui-ci pour se faire comprendre.


Pourquoi ?

Il cohabite avec nous mais... Un chien n'est pas un humain. Ce n'est pas un adulte, encore moins un enfant ou un bébé. Il a des besoins physiologiques immuables à son espèce et à sa condition de... Chien ! Alimentation, éliminations, « jeux », échanges, relationnel.

Je sais. Je n'apprends rien. J'enfonce une porte déjà ouverte. Cependant. Il faut le reconnaître. Cette évidence est, malgré tout, souvent négligée. Ne parlons-nous pas avec lui, en expliquant les tenants et aboutissants de ceci ou cela ? Comme si c'était un humain.

Ou, pour montrer au chiot que son comportement ne plaît pas, n'est-il pas régulier qu'il reçoive une petite tape sur la truffe pour « faire comme sa maman et qu'il comprenne bien la situation » ?
C'est parce que cette différence est très souvent oubliée que des tensions apparaissent entre un humain et son chien. Dès lors rien ne va plus.

Obligeons-nous à prendre un peu de distance, à mieux connaître le chien, son chien.

Voici un rapide petit rappel de nos différences, pour aider à mieux comprendre, et appréhender autrement la cohabitation...

Après une gestation d'environ 60 jours, ces petits êtres que sont les chiots, arrivent parmi les leurs et les humains. Ses besoins physiologiques sont différents des nôtres. Comme ses réactions et attitudes face à certains évènements ou devant certaines situations.

comportement chiens

vue du chien
   Parce qu'ils...


Ils ne voient pas comme nous. Le chien voit les couleurs de façon plus fade que nous. S'il distingue difficilement le contour de ce qui n'est pas en action, dès que ce qu'il observe se trouve en mouvement, son acuité s'améliore considérablement. Leur « qualité » de vision est moins bonne que celle de l'Homme mais, pour contrebalancer, ils voient plus vite que nous expliquant peut-être des réactions plus rapide de leurs parts devant certaines situations...

ouie du chien
   Parce qu'ils...


Ils n'entendent pas comme nous. Alors que nous entendons, en basse fréquence jusqu'à 16 Hz, le chien entends jusqu'à 10 Hz, ce qui leur permet de détecter de nombreux ultrasons ! Alors qu'en haute fréquence, l'Homme atteint 20 000 Hz, le chien monte jusqu'à 45 000 Hz en moyenne (les données dépendant de l'âge) !!... De plus, le chien est capable de bouger son pavillon, de manière indépendante, ce qui lui permet de mieux localiser (et ce très rapidement) et appréhender les sons ! Quel champ d'action, incomparable au notre !

odorat du chien
   Parce qu'ils...


Ils ne sentent pas comme nous. Vous pensiez avoir eu votre lot de surprises en découvrant les aptitudes des chiens quand à l'audition. Mais qu'en est-il du domaine olfactif ? Car il faut le reconnaître, ils nous surpassent largement ! Nos récepteurs olfactifs sont répartis sur environ 5 cm² ? Ceux du chien - en fonction de sa race, de sa morphologie... - peuvent s'étaler de 85 à 250 cm² !! Nous aurions environ 10 millions de cellules olfactives ? Pour le chien cela peut aller de 100 à plus de 300 millions - en fonction de sa race, de sa morphologie... - !!
Il est d'ailleurs intéressant de savoir que lorsque l'homme appréhende son environnement en utilisant en priorité la vue, le chien privilégiera l'odorat. A cela qu'est-il possible d'ajouter... Avons-nous seulement la moindre, l'infime idée de ce que le chien peut sentir au même endroit, au même instant que nous... ? Quel monde perçoit-il que nous pouvons à peine imaginer ? De quoi nous faire rêver... Et mieux comprendre, aussi, que certains éléments de notre quotidien peuvent avoir un impact plus fort sur eux que sur nous...

toucher du chien
   Parce qu'ils...


Ils n'ont pas le même sens tactile que nous. Alors que nos pieds sont protégés par chaussettes, chaussures, parfois semelles supplémentaires etc., les chiens sont en contact direct avec le sol. Munis de coussinets plantaires, ils sont plus sensibles aux textures, températures, à l'humidité, au mordant de la neige... Il ne faut pas oublier leurs poils, ni leurs vibrisses (plus important qu'un simple poil). Elles sont réactives au moindre déplacement d'air, d'obstacle ou autre.

Ces points ne sont qu'un aperçu de nos différences car il faut également se souvenir qu'un chien ne « goûte » pas comme nous où, cette fois, c'est l'homme qui possède une palette bien plus large - 9000 à 10 000 papilles gustatives contre 1700 à 2000 pour le chien.

Il y a également le « langage parlé » où, tandis que nous utilisons des mots, des phrases etc., le chien a des vocalises largement plus restreintes. Quand nous avons la possibilité de dire « stop » ou « non » devant quelque chose qui nous dérange, le chien ne peut que grogner, aboyer, gronder... Nous sommes tellement différents sur tant de points...

Ce n'est donc pas parce que l'humain ne voit ou ne ressent rien qu'il n'y a rien à voir ou ressentir.

En conclusion

Ce qui pourrait être qualifié comme une évidence pour l'humain a de fortes chances d'être une évidence totalement autre pour le chien. Avec autant de différences, il est aisé de comprendre pourquoi la communication peut s'avérer compliquée voire impossible. Pourquoi elle peut partir sur de mauvaises bases créant des situations tellement difficiles que l'on doute qu'il existe une solution. Difficultés accrues si l'on considère toutes les idées reçues, les informations piochées sur internet, les conseils d'amis, de la famille, des voisins qui noient et envahissent le quotidien...

Ce qui pourrait, alors, être considéré comme un acte de vengeance, de colère, de jalousie, de méchanceté, d'irrespect... est sans doute l'expression d'un mal-être, de douloureuses tensions, d'une souffrance, d'une crainte, d'un besoin physiologique non respecté... du chien.

Heureusement. Rien n'est perdu. Tout est à faire et à réussir. Il suffit de mettre des actions adaptées en bonne place. Je suis là pour ça.

*Selon une enquête de 2012 de la Facco
http://www.facco.fr/-Population-animale