Le Chien et les promenades : pour bien réussir ses balades

Avant de commencer, il est intéressant de redéfinir ce que signifie réellement « promener son chien ». Une vraie promenade, pour lui.
Promener son chien, c’est lui permettre de flairer, explorer, marquer (communiquer, donc) et, bien sûr, éliminer. Le tout, en toute tranquillité, sécurité, sérénité.

C’est donc la promenade POUR NOTRE CHIEN !
Comment faire pour qu’elle soit la plus bénéfique à notre animal et à nous-même ?
Comment faire pour qu’elle se passe bien ?
En réalité, comment faire, tout simplement ?

La Fréquence, la Durée, le Bon Moment.

Les meilleurs moments pour une promenade sont après : les repas et un long moment de sommeil.
Donc, pour commencer, le matin au réveil. Il est important de se rendre compte que notre chien dépend de nous pour se soulager. En effet, si, la nuit, une envie nous prend, pas de souci, on se lève et on y va. Le passage aux toilettes est d’ailleurs l’une des premières choses qu’une personne fait à la sortie du lit. Notre chien, lui, n’a pas le choix. Il doit attendre, parfois avec beaucoup de patience, notre réveil, et que l’on soit prêt. Essayons de ne pas l’oublier, et d’en tenir compte.
Même lorsque nous sommes en vacances.
Enfin, le soir, après manger. Même si cela est tard, ne pas bacler ni précipiter son moment à lui.

Se fixer des tranches horaires de sorties aident à mieux s’organiser.
Tout comme se fixer une durée minimum de balade permettra de mieux gérer son temps et de ne rien faire dans la précipitation.
Pour une vraie, bonne, réelle et efficace promenade, celle-ci devrait durer au moins une heure. C’est vrai que cela est facile à écrire mais que, dans notre quotidien, l’appliquer peut parfois être compliqué. Alors faisons un compromis. S’il n’est pas possible de proposer deux balades de minimum heure à notre chien, coupons la poire en deux : une promenade d’une heure minimum et une autre d’au moins trente minutes…
On essaye ? Pour lui ?

Le Bon Endroit.

Comme écrit plus haut, l’important est que notre chien se sente bien. S’il est craintif, ou encore rapidement en tension devant les congénères qu’il croise etc. Préférez un endroit sinon isolé, au moins calme.
On entend souvent (bon, moi je l’entends souvent, et, j’avoue, je la cite pas mal aussi !) : « mieux vaut prévenir que guérir ».
C’est encore plus vrai dans le cadre de la promenade. Autant éviter de se retrouver à gérer une situation à risques.
Dès que Pollux (oui, je sais, drôle de nom. Il est venu comme ça !).
Donc, dès que Pollux rencontre un congénère, il se met à aboyer, tirer, tenter de mordre ? Si vous repérez au loin un autre chien : Hop, changement de zone.
Il sursaute à chaque bruit ? Hop, une rue moins passante.
Il essaye de courser le cycliste qui passe ? Hop, une zone avec moins de clyclistes, coureurs et autres.

Lorsque vous promenez votre chien, prenez le temps de l’observer, de repérer les endroits qu’il semble apprécier.

Avant la Promenade.

Encore une fois, la promenade doit être un moment agréable et tranquille pour notre chien. Il doit la faire en étant serein. Cela commence avant même de se retrouver dans la rue. Dès la préparation. Pas la peine d’encenser le moment, cela ajoute une excitation qui peut être source d’apparitions de tensions. Avec trop d’énervements, les débordements ne sont jamais loin.
On appelle notre chien pour l’attacher tranquillement, d’une voix détendue et paisible. Cela se fait dans la plus grande sérénité.
S’il est toujours très agité avant chaque sortie, ne pas hésiter à préparer les choses en amont, lorsqu’il n’est pas aux aguets de vos mouvements. Le harnais, la laisse, la balle si on a l’attention de faire une séance de jeux, une friandise dans la poche de son manteau, les basquets et le blouson à proximité, de l’eau pour vous deux si la balade est longue etc. Le moment venu, tout sera plus facile à gérer.

Pendant la Promenade.

C’est sa promenade. Son moment. Il veut flairer ce tronc d’arbre qu’il trouve absolument passionnant ? Qu’il flaire. Il veut marquer son passage tous les deux mètres. Que dire, c’est un chien « bavard », laissons-le s’exprimer. Pourquoi l’en priver et tirer sur la laisse, au risque de lui faire mal et, hélas, de vous rendre insécure pour lui ? Si vraiment cela devient beaucoup trop long, il est tout à fait possible de détourner son attention, de lui proposer autre chose. L’appeler calmement, faire un petit bruit etc.

En promenade, même dans un lieu complètement isolé, même avec un chien qui marche toujours au pied, qui obéit au doigt et à l’œil, « je t’assure, il n’y aucun risque avec lui »… Et bien si ! Il y a toujours un risque. On ne sait jamais ce qui peut se passer, se croiser, s’entendre, effrayer, blesser, agresser, perturber, attirer, acculer, importuner… On prend la laisse avec soi. Toujours. On appréhende ce qui nous entoure. Toujours.

Si votre chien se soulage difficilement lors de vos sorties (et parfois, ne le fait qu’à votre domicile) : laissez-lui un peu de distance. De la distance par exemple en rallongeant la longueur de la laisse. Mais également au niveau de vos regards, de votre posture. Ne le fixez pas, regardez ailleurs, voire tournez-vous légèrement de biais afin qu’il ne vous « sente pas sur son dos ».

Le Retour à la Maison.

C’est un retour au calme. Il doit se faire sereinement. On enlève laisse et harnais paisiblement, sans ensencer ce qui vient d’être vécu. Rien dans la précipitation ni dans la brusquerie. Après tout, tout va bien, et vous avez le temps. Vous l’aviez prévu.
Pensez à vérifier : toujours de l’eau dans sa gamelle.

La Boîte à Outils.

– S’il y a une chose à posséder, c’est le harnais !
On arrête avec le collier… Quel inconfort. Non. Quelle douleur lors d’une promenade. J’exagère ? Vraiment ? Testez. Mais en jouant réellement le jeu, et sans vous etouffer biensûr. Vous voyez !
Je n’évoque même pas les colliers de torture : étrangleurs, électriques, à ultrason, à pointes et autres horreurs. D’ailleurs, utiliser le collier comme point d’attache à la laisse peut blesser fortement le chien (au niveau des cervicales, des tissus mous, il est également fait mention d’un impact possible au niveau du cerveau et de la vision).
Le harnais… Simplement respectueux pour notre chien. Il y en a pour toutes les tailles, et même de toutes les couleurs, pour la petite touche mode.
Le collier, à la limite, sera là juste pour y attacher une médaille avec le nom et les coordonnées.
– La laisse. Qui dit promenade, qui dit en dehors du logement, dit laisse. Sécurité et prévoyance. Toujours.
– Un élément lumineux adapté. Cela peut être un collier, un élément sur la laisse ou sur le harnais. Très pratique, très prudent également. Ce système permet de toujours bien repérer son chien (et son gabarit) lorsqu’il fait nuit. Cela évite les (mauvaises) surprises pour vous comme pour ceux qui croisent votre route (un cycliste, courreur, automobiliste, enfant…).
– De l’eau pour les longues promenades. Chacun sa gourde !
– La muselière. J’avoue, je n’aime pas. Pas du tout. Je trouve même cela horrible. Cependant, pour certaines races, elle est obligatoire.
– Un manteau. Il y a des chiens qui sont très sensibles au froid. Dans ce cas-là, pourquoi ne pas les habiller d’un manteau spécifique pour les chiens. Cela n’est pas pour affubler d’un déguisement inutile notre animal mais uniquement dans le but de lui procurer un mieux être durant les promenades, s’il en a besoin.

Et si j’ai un jardin ?

Vous avez de la chance ! Le jardin, c’est vraiment chouette ! Très pratique aussi, avec un chien.
Mais cela ne doit pas remplacer la balade. Ce n’est pas la même chose. La promenade reste importante pour notre chien. Pour notre relationnel aussi !

Mais ? Quand je vais chercher mon enfant à l’école, mes carottes au marché, mon pain à la boulangerie ?…

Promener notre chien c’est tout le contraire de l’emmener à la sortie de l’école où des bruits, des enfants aux cris aigus, des mains souvent inconnues et maladroites, etc. le mettent en tension et dans une situation difficile. Surtout qu’à cela s’ajoute le poids de l’inhibition, puisqu’on lui demande de rester assis et de tout accepter.
Ce n’est pas non plus le fait de l’emmener jusqu’à la boulangerie, l’attacher et lui demander d’attendre, dans une insécurité des plus totales, notre retour.
Ce n’est toujours pas l’emmener avec soi dans un marché envahi de personnes pressées, maladroites avec lui, ne lui laissant que peu de place au mouvement, assailli de toutes parts par toutes les odeurs, parfois bien tentantes et qui lui sont pourtant interdites, même dans le flairage…
Et puis, marcher, s’arrêter, encore deux pas, nouvel arrêt, long arrêt et cela recommence. Cela n’a pas de sens pour lui, et c’est sans doute loin d’être un plaisir et un moment agréable.
La liste des sorties qui ne sont finalement pas pour lui est longue : foires, salons, fêtes au village, feux d’artifice, restaurants…
Car, oui, si on regarde de plus près, ce sont NOS sorties. Des sorties d’humains, pour humains. Des sorties, des endroits, où notre chien ne peut absolument pas réellement se sentir bien, détendu, en sécurité et encore moins libre de se comporter librement. Comme, par exemple, l’obligation pour lui de rester assis ou coucher alors que tous les nerfs de son corps, tendus à l’extrême, se sentiraient déjà bien mieux s’il pouvait juste rester debout… Mais ?! Comme nous ! Quand notre tension est trop forte, il n’est pas rare que nous nous mettions debout, voire même que nous marchions pour essayer de nous détendre. Dans un endroit où nous ne nous sentons pas à l’aise, il est assez rare que nous restions assis parmis tous ces inconnus debouts et en mouvements…
Il y a des donc ses promenades, et les notres… Pour plus de tranquillité et de confiance des deux côtés de la laisse.

Maintenant que vous avez les clés,
A vos marques ! Prêts ! Promenez !
Bonne Balade !